Nouvelles pièces.                  11
face et fit éditer le tout par Ribou. Molière, justement froissé, fit saisir l'ouvrage et pour­suivit le libraire devant le Conseil privé. On verra qu'il gagna son procès.
1660. — 3 septembre.
S ur la requête préfentée au Roi en fon Confeil par Jean-Baptifte Poquelin de Molières, contenant que fur ce qu'il auroit expofé à Sa Majeftè qu'il avoit compofé quelques pièces de théâtre en vers françois, entre autres une intitulée : le Cocu imaginaire, fa-dite Majefté lui auroit, par lettres du dernier mai dernier, accordé permiflion de faire imprimer Ief-dites pièces pendant cinq années, avec défenfes à tous libraires, imprimeurs et autres d'imprimer, vendre et diftribuer lefdites pièces fous quelque pré­texte que ce foit, à la charge d'en mettre deux exem­plaires en fa Bibliothèque publique, et mandé au Parlement et au Prévôt de Paris de faire jouir le fuppliant du bénéfice defdites lettres ; auquel effet et pour empêcher qu'il n'y fût contrevenu, il les au­roit fait fignifier à la communauté des marchands imprimeurs et libraires de Paris le 14 juin aufli dernier; au préjudice de laquelle fignification le fuppliant ayant eu avis que le nommé Jean Ribou,